Aimons-nous quand même…


     Y a-t-il quelque chose de plus déchirant que les querelles familiales ; celles qui par leur hargne vous brouillent et vous désunissent des vôtres ? 
 
     Certains diront : 
 
     – Ainsi va la vie ! Foutaise ! 
 
     Quelle belle façon de se déresponsabiliser !
 
     Nos familles se font de plus en plus petites. FaireMdes bébés, c’est dépassé. Raison de plus pour s’accorder. 

    Vrai qu’on ne choisit pas sa famille. Mais est-ce une raison pour l’abandonner pour un oui ou pour un non ?
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     Je suis allée à des funérailles aujourd’hui : celles de mon oncle âgé de 88 ans. Il était atteint de la maladie d’Alzheimer depuis plusieurs années.
 
     Mon cousin, le fils aîné de mon oncle, est en brouille avec le reste de la famille depuis je ne compte plus les années.
 
     Résultat : ses enfants ne connaissent pas leurs grands-parents, ni leurs oncles et tantes, ni leurs cousins et cousines.
 
     Alors, ça m’a fait tout drôle de voir le fils de ce cousin, âgé de 35 ans, accompagné de son fils de 6 ans, offrir ses sympathies à sa grand-mère qu’il rencontrait pour la toute première fois.
 
     N’est-ce pas triste ?
 
     Vivre sans avoir la chance de connaître sa propre famille à cause de l’entêtement de certains de ses membres, c’est être privé d’une partie, qui m’apparaît essentielle, de soi-même : son histoire, ses origines, ses racines. N’est-ce pas un peu mourir avant d’être mort ?
 
     Comment peut-on vivre ou pire faire vivre une telle privation à ceux qu’on dit aimer plus que tout : nos enfants ?
 
     Non, vraiment, je ne comprends rien à tout ceci.
 
     La vie est si courte et si pleine de vicissitudes, pourquoi l’envenimer par des querelles sordides dont on n’a même plus souvenance de ce qui les a d’abord causées ?
 
     Quand j’étais petite et que je me chamaillais avec ma sœur, ma mère nous disait :
 
     – Vous êtes juste deux, accordez-vous donc !
 
     C’est ce qu’on a fait, et que l’on continu de faire depuis plusieurs décennies.
 
     Je n’ai qu’une seule chose à ajouter :
 
     – Aimons-nous quand même, malgré nos heurts, car la vie ne vaut la peine que si l’amour existe.

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