Crise d’arythmie… encore…


2 h du matin.

Mon cœur martèle le matelas, enragé noir.

Ça me reprend. Troisième fois en 4 semaines.

Crise d’arythmie de type fibrillation auriculaire.

Les décharges électriques sont tellement intenses que les circuits du cœur s’emballent au point d’asphyxie, presque.

Le cœur dilaté, engrossé par tout le sang qui s’infiltre en lui, n’arrive plus à trouver un peu de lousse pour pouvoir se contracter et l’expulser hors de lui pour l’envoyer aux poumons qui, eux, crient « Oxygène ! » pendant que moi, j’ai l’impression qu’il va m’exploser dans la gorge.

Grand Dieu ! J’espère que les anticoagulants vont se réveiller au plus sacrant pour combattre la formation de caillots pouvant provoquer un AVC.

2 h 30.

Rien ne change.

Trop tôt pour réveiller mon amie voisine.

Je prends une autre petite « shot » de médicaments. Ça ne peut pas nuire. Il faut que je tienne jusqu’à au moins 4 h avant de réveiller quelqu’un.

Là que j’y repense, je suis assez cave !

La double dose a fonctionné il y a quelques semaines. Ça devrait marcher là.

Ça peut prendre une bonne heure avant de fonctionner. Entre temps, j’ai chaud, je tasse les couvertures, puis j’ai froid et me replonge sous les couvertures.

Je prends ma pression toutes les 2 minutes : 180/131 – 140 pulsations/minute.

Je vais commencer à stresser au-dessus de 200 (bien, je pense… je vais le demander au cardiologue cette semaine…)

3 h 15

Boboum… Boum…… Boboumbobbbbbbooooouuuum… Boum….

C’est long…

Abrille ; désabrille.

Ça regarde comme si je vais peut-être faire un tour, non pas de camping-car, mais d’ambulance…

3 h 45

Vraiment… ça regarde mal…

5 h 30

Alléluia ! J’ai réussi à dormir. Mon matelas aussi.

Impression que le cœur s’est un peu dégonflé, pas totalement, car ça dure un certain temps. Surtout fatiguée. Le cardiologue dit que de telles épisodes dépensent autant d’énergie que courir trois marathons « back à back ».

Je l’ai échappé belle encore une fois ! Toutes les années à m’entraîner comme une malade m’aident sûrement.

Mais je ne suis pas dupe. Trois mégas crises en quatre semaines, c’est pas bon signe.

Une chance que j’ai un rendez-vous chez le cardiologue cette semaine. Je ne serais pas surprise de devoir retourner pour un « tune-up » dans le garage des cardiaques où les médecins opèrent à l’aide d’ordinateurs connectés à six écrans géants sur lesquels on voit des fils se promener dans un cathéter inséré dans le cœur à partir de l’aine.

C’est en noir et blanc ; pas dégueu plein de sang : de la vraie réalité augmentée.

Oui. J’appelle ça augmenté parce qu’on voit à l’écran notre cœur battre tout doucement jusqu’à ce que la décharge électrique nous frappe les côtes et nous envoie le cœur battre à 300 d’un coup sec puis, de l’autre coup sec, te le ramener tout doux, pour te frapper les côtes à nouveau jusqu’à 300, et ce, tant et aussi longtemps que l’arythmie n’est pas déclenchée. Puis là, quand ils repèrent la terminaison nerveuse qui fait défaut, ils la brûlent, ce qui n’est pas si agréable que ça. Et puis tout recommence jusqu’à ce qu’ils ne trouvent plus aucune terminaison nerveuse défectueuse. Des heures de plaisir !

Comment je sais ? Je n’étais pas endormie. J’ai participé à l’expérience avec tous mes sens. Bien, presque, parce que j’étais « scotchée tight » dans une espèce de civière avec deux côtés, bras et jambes attachés pour ne pas bouger.

Non, je n’étais pas dans un camp de concentration ; c’était bel et bien une salle d’opération « high tech ».

J’en ai déjà eu deux « tune-up » du genre. La dernière fois, ça n’a pas fonctionné. Mon cœur s’est mis à battre à 30 battements/minutes. Inutile de vous dire que ce n’est pas facile sortir du lit !

« Reprenez vos activités normales », que les cardiologues m’ont dit.

Tabarnak ! Essayez de marcher jusqu’au coin de la rue quand votre cœur bat à 30 ! Vous allez voir que vous n’allez pas avancer vite si vous ne vous pétez pas la gueule avant d’y arriver. Je sais ! Je me la suis pétée, la gueule !

Je crois qu’ils ont manqué leur coup cette fois-là. J’ai posé la question à une Chef Cardiologue. Elle m’a répondu : c’est possible…

Du coup, c’est devenu les médicaments à vie.

C’est mieux ça que pas de vie pantoute….

Jusqu’à tout récemment, ça allait bien. Pas de crises pour deux ans. Mais là, j’ai bien peur que le manège va recommencer.

Bon, je ne vais pas me mettre à stresser avant le temps.

C’est une histoire à suivre…

 

 

Pour en savoir plus : https://www.ottawaheart.ca/fr/maladie-du-cœur/fibrillation-auriculaire

 

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