Les laissés pour compte – Coupable ou non coupable ?


Chaque deux semaines, garde partagée oblige! je reprends le même chemin avec Charlotte. Et hop! dans l’auto. Direction centre-ville de Montréal, coin des Seigneurs et St-Jacques Ouest. CHSLD des Seigneurs.

C’est là que ma mère, atteinte de la maladie d’Alzheimer, habite depuis deux ans. Près de 200 condos—je préfère ce terme à celui de chambre—semblables à ceux où mon père habitait; mieux que ceux où ma grand-mère subsistait.

Dès que je me gare, Charlotte, mon bichon, devient tout excitée. Elle se reconnaît dans notre rituel. Pipi, caca, avant d’entrer. Arrêt à la réception pour signer le registre.

La semaine dernière, pas de registre. Fini. Plus besoin de signer.

Bon?

Il est vrai que le registre ne sert pas à grand-chose. Sinon que soulever un vent de déception, voir découragement, quant à la race humaine.

J’ai l’habitude de signer le registre vers 14 h : heure d’entrée. Lorsque je quitte ma mère, vers 19 h : heure de départ, la plupart du temps, aucun nom ne s’est ajouté après moi. Pas d’autre visiteur après moi. 

Je trouvais que huit places de stationnement pour les visiteurs étaient peu. J’ai vite compris pourquoi si peu.

Ceci en dit long sur la solitude engendrée par l’absence des proches.

Plusieurs bénéficiaires n’ont pas de famille, il est vrai. Mais un registre quasi vide dans un immeuble de près de 200 chambres combles mérite réflexion.

Je parle ici de l’endroit où ma mère habite. Mais ceci est aussi vrai dans toutes les résidences de personnes en perte d’autonomie. En fait, l’absence des proches est aussi vraie partout, même dans des habitations résidentielles privées.

Tout ceci pour dire, pour rappeler, pour réveiller, s’il le faut, tous ceux et celles qui, j’ose dire, dorment au gaz : qu’avez-vous de si important à faire chaque semaine, chaque mois, pour être dans l’impossibilité de visiter vos grands-parents, vos parents qui ne peuvent pas se déplacer?

Ah! Ils ne vous reconnaissent plus!

Je ne suis pas certaine que ma mère me reconnaît comme étant sa fille. Mais quand j’arrive, ses grands yeux bleus s’illuminent. Elle ne sait peut-être pas que je suis sa fille, mais elle sait que la grande « slack » qui vient la visiter est très gentille. Il n’en faut pas plus.

Alors, c’est le temps des Fêtes. Pourquoi ne pas profiter de l’occasion pour aller visiter vos proches qui sont seuls? Vous n’en mourrez pas. Croyez-moi! Mais, vous mettrez certainement du bonheur dans le cœur de quelqu’un qui ne se souvient peut-être même plus ce que c’est qu’un petit bonheur pour en avoir été trop longuement privé.

Suis-je en train de vous faire la morale?

Ouan!

Que l’amour soit dans vos cœurs en cette période des Fêtes !

La grande « slack »

 

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