Pour en finir avec la Saint-Valentin, dernière de la série


     Il ne reste plus que quelques heures avant que la sempiternelle Saint-Valentin nous fiche la paix pour un an.

     J’espère que vous aurez trouvé, dans mes propositions précédentes, une activité pour survivre aujourd’hui et que vous n’avez pas téléphoné à un ex. J’espère même que, maintenant, vous êtes en mesure de proclamer ce qui suit :

     Il fut un temps où j’eusse utilisé les mots : « Mon bel et tendre amour », pour m’adresser à toi. Aujourd’hui, j’ai beau chercher, les mots ne me viennent plus. Pas même celui de ton prénom.

     Tu dis avoir toujours pris grand soin de moi ? Tu dis que nous sommes faits l’un pour l’autre ? Eh bien, voilà ce que j’en pense !

     Je l’admets, je t’ai aimé plus que tout. Enlacée dans tes bras vigoureux, je n’avais point de crainte. La mort même ne me faisait plus peur. L’extase de nous deux était mon seul salut.

     Oui, je t’ai aimé plus que tout. Le simple murmure de ta voix faisait languir mon cœur. Dès que je posais mon regard sur toi, ma peau frémissait de désir. Comme je te trouvais beau ! Ta force me troublait. Ta folie m’enivrait.

     Oui, je t’ai aimé plus que tout. Plus que Dieu. Plus que moi-même. Ce fut là ma plus grande erreur.

     Erreur ? Oui, erreur.

     Si tu savais à quel point je me suis haïe de m’être laissée prendre au piège. J’aurais dû me méfier d’un amour si beau. Si fou. Si extraordinaire.

     Parfois, je te hais de m’avoir fait vivre un si bel amour. Un amour faux. Un amour qui n’existe que dans les livres. Mais un amour tellement grisant que, depuis, mes nouvelles amourettes me semblent bien ternes.

     Serais-je donc vouée à un avenir où la passion est proscrite ? Comment alors pourrais-je continuer de vivre quand la flamme qui me donne le souffle n’est pas attisée ?

     Ah ! cette sensation cuisante qui me transperce encore ! Comment puis-je être aussi sotte ?

     Tu as pris soin de moi ? Non, tu as pris soin de toi, que de toi ! Pire, tu as pris soin de toi en m’écrasant. Tu t’es servi de moi. Tu m’as prise tout entière, jusqu’à ce qu’il n’y ait plus rien à prendre. Oui, tu m’as blessée. Tu m’as trompée. Tu m’as humiliée. Tu m’as bafouée.

     Après tout ceci, pourquoi t’ai-je aimé encore ?

     Je t’ai aimé plus que moi-même. Voilà pourquoi !

     Cet amour, cette maladie d’amour, m’a rendue aveugle. Cette maladie d’amour a fait de moi un pantin, une loque humaine.

     Non, je ne t’en veux pas parce que tu as cessé de m’aimer. Je t’en veux parce que tu m’as piétinée, sachant très bien que j’étais déjà par terre. Et cela, je ne te le pardonne pas !

     Tu me demandes si je t’aime encore ?

     Qu’en penses-tu ?

     …

     Il fut un temps où j’eusse utilisé les mots : « Avec tout mon amour », en guise d’au revoir. Aujourd’hui, enfin ! plus rien ne me vient.

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