Roman épistolaire – 12e échange


  Charles ! Charles ! Charles ! T’auras toujours ce côté — je cherche, je pèse mes mots, dix fois, vingt fois — ce côté parfois si innocent. Pas innocent dans le sens d’épais, mais innocent dans le sens d’inconscient. Ou bien, tu joues l’innocent. En fait, je n’ai jamais su vraiment ce que tu étais. Vingt ans…

Roman épistolaire – 11e échange


Le problème avec l’enfance, la mienne, la tienne, celle d’à peu près tout le monde, c’est qu’on ne dit pas la vérité aux enfants.  Et si on ne la dit pas, c’est qu’on ne la connaît pas.  Les parents apprennent à vivre à deux et à trois et à quatre en même temps que les…

Roman épistolaire – 10e échange


L’amour! L’amour! L’amour!  Tout petit, on nous en emplit la tête, avec le Prince Charmant embrassant la Princesse Grenouille sur la bouche, ou est-ce le contraire?  Bof! Ça pas d’importance qui embrasse qui. Reste qu’on nous remplit la tête d’histoires de princes charmants.  Puis on rêve au Prince Charmant pendant toute notre adolescence.  Puis on…

Roman épistolaire – 9e échange


Comme toi, comme d’autres, depuis le temps et avec le temps, j’ai changé… mais pas tant que ça.  Il y a mon ami Jean-Alain qui m’a dit, l’autre jour, qu’on ne change qu’un peu et pour une seule et unique raison : pour devenir ce que l’on est.  Peut-on appeler ça, alors, du changement?  Fouille-moi!  Ça…

Roman épistolaire – 8e échange


Samedi soir. La nuit s’est levée tôt ce matin, en pleurs. Averses après averses. Journée pour dormir dehors. Dans ma balançoire. Sous la toile protectrice, zippée jusqu’en bas, fermée, pour ne pas me faire mouiller. Étendue, les yeux clos, les oreilles grandes ouvertes. Plouc! Plouc!  J’adore dormir dans ma balançoire. J’fais ça tout l’temps. J’me rappelle,…

Roman épistolaire – 7e échange


Curieuse, ta dernière lettre!  Curieuse, sans doute parce que tu l’as toujours été toi-même, curieuse, en tout et partout.  Je te l’ai déjà dit, et plus d’une fois, d’ailleurs, la curiosité est une de tes plus belles qualités.  Pourquoi je trouve tes derniers mots si particuliers?  C’est à cause du train.  Oui, oui, tu lis…

Roman épistolaire – 6e échange


Ouf! Ta dernière note m’a secouée comme on secoue une vieille moppe grise, tu sais, celles avant l’aire du Viléda. Oui, comme une vieille moppe, tordue, abandonnée dans un fond de cave blanc d’humidité. Là, je te reconnais dans le verbe. Tu m’as toujours grisée par tes paroles si pleines de sens, si pleines tout…