Faites-vous partie de ces personnes qui voudraient que la Saint-Valentin soit bannie du calendrier pour les 1000 prochaines années, tant les souvenirs, le vide ressenti, vous font souffrir?
Vos pensées sont encore pleines d’images de l’ex?
Vous vous dites : « Maudite Saint-Valentin à marde, va te faire foutre! »
La déprime vous habite?
Allez chercher votre « drink » préféré, puis revenez me lire.
J’ai LE TRUC INFAILLIBLE pour oublier son ex. Je vous promets la plus belle journée de Saint-Valentin de votre vie!
Allez hop! Je vous attends. Je ne bouge pas.
…
Bon, vous êtes bien installé?
Voici comment j’ai réussi à combattre la « maudite » Saint-Valentin quand elle me criait aux oreilles d’appeler mon ex en ce jour d’amoureux.
Il faut savoir que mon ex, c’était un vrai apollon. Six pieds quatre, tout en muscle. J’étais folle de lui.
Il fallait voir ses fossettes quand il riait! Je craquais à tout coup. Entre nous, c’était la passion, celle qu’on raconte dans les livres, même mieux.
Puis, un beau jour, sans rien dire, « pouf » il est retourné avec son ex.
J’ai capoté. C’en est devenu une vraie « maladie ».
Nuit et jour, j’étais hantée par des pensées de lui. J’aurais voulu que son souvenir s’efface de mon esprit. Mieux, qu’il meure à tout jamais. Mais en vain. Toujours l’image de son corps sur le mien s’éteignant entre mes reins, me rappelant à mon désespoir de le savoir dans les bras de l’autre. Un cauchemar!
Comment lui échapper? Comment me sauver? Sauver mon cœur, sauver mon âme, sauver ma vie?
Un jour, j’ai lu que les tissus s’imprègnent de l’énergie des personnes qui les ont touchés. Cette énergie reste là pour toujours, prisonnière de chaque fibre. On dit que cette énergie peut troubler l’esprit au point de pousser celles et ceux qui la côtoient à revisiter sans cesse de vieilles histoires, comme pour moi, mes folles amours.
Par un vendredi de Saint-Valentin gris, en ouvrant un tiroir « fourre-tout », une belle paire de ciseaux Singer, toute brillante, me sourit à pleines dents.

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Eurêka!
Je venais de trouver comment en finir une fois pour toutes avec cette folle hantise amoureuse.
Je me suis lancée dans une chasse impitoyable aux vêtements qui évoquaient tel ou tel amour usé, « fucké » pitoyable.
J’ai scruté à la loupe chaque recoin de la maison.
– Les cinq placards, du plus grand au plus petit, sur les tringles, sur les tablettes, dans le fond.
– Les tiroirs des trois commodes en chêne massif jusqu’aux tiroirs de mon vieux bureau d’enfant.
– Au sous-sol, les quatre paniers à lessive en plastique blanc, voire le contenu de la sécheuse en marche, et j’en passe.
Et quels trophées de pitié j’ai ramassés!
– Un gilet de laine, noir, brodé de perles, qui aurait davantage sied à ma grand-mère.
– Une paire de sous-vêtement, style boxer, blanc à gros pois noirs.
– Un pantalon marine, en coton ouaté, trop court pour moi.
– Plusieurs t-shirts.
– Une camisole moulante et décolletée parfaite pour des soirées torrides.
Au total 23 morceaux : certains anciens, d’autres, pratiquement neufs, legs d’amoureux éconduits et passades de toquée.
Face à ce trophée fatal de vêtements, je me suis rappelé chaque baiser, chaque caresse, mais aussi, chaque discussion, chaque mensonge, chaque trahison.
La soirée qui s’annonçait me donnait la chair de poule. La délivrance tant attendue allait bientôt me transporter vers de nouveaux sommets. Je sentais monter en moi cette euphorie grandissante qui évoque l’enivrement même de la passion.
Avec un verre de rouge à la main, quelques bûches empilées dans le foyer et Glen Gould, ce génie du piano plein de tics, à l’appétit insatiable de perfection, j’allais commettre le crime parfait.
J’ai empoigné mes Singer.
Le crissement de la lame affûtée fendait la peau, laissant derrière une traînée de bandelettes de deux pouces de large.
C’en était fait de chaque morceau de vêtement de ce trophée ensorcelé.
Exit cadeaux, souvenirs, objets de hantise, objets de détresse!
Adieu chandails, pantalons, chemisiers, pyjamas!
Bonjour délivrance!
J’ai fait un ballon de ces bandelettes et je l’ai « quické » en orbite, câlisse!

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